Économiser le chauffage en 2026 : les gestes qui comptent, du radiateur électrique au poêle à bois
Le chauffage pèse les deux tiers des dépenses d'énergie d'un logement. Repères de température, gestes adaptés à votre installation et erreurs qui coûtent cher : l'essentiel pour chauffer moins sans avoir froid.
Le chauffage représente 66 % des dépenses d’énergie d’un logement, selon l’ADEME. Pour beaucoup de foyers, l’hiver devient un arbitrage de chaque jour entre confort et budget. Le levier le plus puissant ne coûte pourtant rien : chaque degré en moins sur le thermostat réduit la facture de chauffage d’environ 7 %, d’après les estimations de l’ADEME. À titre d’exemple, sur une facture de chauffage de 1 000 € par an, un degré de moins représente environ 70 €.
Baisser sans grelotter suppose trois choses : connaître les bons repères de température, adapter les réglages à votre installation (radiateurs électriques, chaudière, pompe à chaleur ou bois) et supprimer ce qui donne froid, comme les courants d’air, l’humidité ou les radiateurs encombrés. Voici comment faire, cas par cas.
Sommaire
Quelle température régler, et quand baisser Économiser le chauffage ?
Le bon réglage dépend de la pièce et du moment. Les repères de l’ADEME tiennent en quatre lignes :
| Pièce | Température conseillée |
|---|---|
| Salon, bureau | 19 °C quand vous y êtes, 16 à 17 °C sinon |
| Chambre | 17 °C la nuit et quand elle est vide |
| Chambre d’enfant | 19 °C quand l’enfant l’occupe en journée, 17 °C la nuit |
| Salle de bain | 22 °C le temps de l’utiliser, 16 à 17 °C le reste du temps |
Ces repères disent aussi quand baisser : la nuit, dans les pièces que vous n’occupez pas et pendant vos absences. Programmées une fois pour toutes, ces baisses se répètent ensuite chaque jour de l’hiver.
Si 19 °C vous paraît trop frais, le thermostat n’est pas toujours en cause. Des murs froids, un air humide ou des courants d’air font paraître une pièce plus froide qu’elle ne l’est. Avant de monter le chauffage, commencez par les gestes valables pour toutes les installations : ils traitent souvent la vraie cause.
Faut-il baisser ou couper le chauffage pendant une absence ?
Baissez-le, mais ne le coupez pas. Le ministère de la Transition écologique range l’idée de tout éteindre parmi les fausses croyances : baisser la température est bien plus efficace.
Pour une absence de quelques heures, l’ADEME conseille une température comprise entre 16 et 18 °C. Pour une absence plus longue, le Code de l’énergie fixe des plafonds : 16 °C pour une absence de 24 à 48 heures, 8 °C au-delà, comme le rappelle le ministère. Ce sont des maximums, pas des températures à atteindre absolument.
Avec un thermostat programmable, faites remonter la température juste avant votre retour : vous retrouvez un logement confortable sans avoir chauffé une maison vide.
Comment économiser selon votre type de chauffage ?
Les réglages qui comptent ne sont pas les mêmes pour un radiateur électrique, une chaudière, une pompe à chaleur ou un poêle. Repérez votre cas, puis complétez avec les gestes valables pour tous.
Avec des radiateurs électriques
Pilotez chaque pièce séparément. Pour appliquer les repères ci-dessus, vos radiateurs doivent pouvoir être commandés par un thermostat central, grâce à un fil pilote (un fil de commande raccordé à chaque radiateur) ou à un récepteur sans fil, explique l’ADEME. Vous programmez alors 19 °C le jour dans les pièces de vie et 17 °C la nuit dans les chambres, sans y penser.
Évitez les radiateurs d’appoint. Ils sont peu performants et très énergivores, prévient l’ADEME. Si vous devez en utiliser un, préférez un modèle électrique rayonnant ou à bain d’huile : un appareil au pétrole ou au gaz consomme davantage, dégrade l’air intérieur et présente des risques d’intoxication au monoxyde de carbone et d’incendie.
Remplacez les vieux convecteurs quand vous le pouvez. L’ADEME conseille de les changer pour des panneaux rayonnants, sans avoir à remplacer toute l’installation.
Avec une chaudière au gaz ou au fioul
Faites-la entretenir chaque année. C’est obligatoire pour les chaudières de 4 à 400 kW, et c’est aussi une affaire de consommation : une chaudière mal entretenue consomme plus, pollue davantage et peut être dangereuse, rappelle l’ADEME. Lors de sa visite, le professionnel effectue les réglages nécessaires à son bon fonctionnement.
Commandez-la avec un thermostat d’ambiance. Relié à la chaudière par un récepteur, il commande son fonctionnement pour atteindre la température voulue, et vous permet de programmer la nuit et les absences.
Purgez les radiateurs. Le ministère conseille de le faire régulièrement : l’air qui s’accumule dans un radiateur à eau l’empêche de chauffer sur toute sa surface. Chauffage arrêté et radiateur froid, ouvrez doucement la vis de purge au-dessus d’un récipient, refermez quand l’eau coule sans bulles, puis vérifiez la pression de la chaudière en suivant sa notice.
Pensez au remplacement d’une chaudière ancienne. Pour une chaudière au gaz de plus de 15 ans, l’ADEME recommande un modèle à haut rendement.
Avec une pompe à chaleur
Faites-la réviser tous les deux ans, comme l’impose la réglementation, et profitez-en pour faire vérifier ses réglages. L’enjeu est réel : dans une étude de l’ADEME menée sur 100 maisons, les pompes à chaleur produisaient en moyenne 2,9 kWh de chaleur pour 1 kWh d’électricité. Certaines dépassaient 4, d’autres peinaient à atteindre 1,8 : pour la même chaleur, les moins bien réglées consomment plus de deux fois plus d’électricité.
Faites baisser la température de l’eau. Plus l’eau envoyée dans les radiateurs est chaude, plus la pompe à chaleur consomme. Elle fonctionne idéalement entre 35 et 45 °C, et passer la consigne de 55 à 45 °C la rend bien plus efficace. Demandez à votre installateur de vérifier que la « loi d’eau », le réglage qui adapte cette température au temps qu’il fait, est active et calée aussi bas que possible.
Programmez les phases de chauffe plutôt en journée, quand l’air extérieur est plus doux. Si votre pompe à chaleur démarre et s’arrête plus d’une fois par heure, signalez-le à l’installateur : ces arrêts répétés font grimper la consommation et usent l’appareil.
Dégagez l’unité extérieure des feuilles et de la poussière.
Avec un poêle, un insert ou une chaudière à bois
Brûlez du bois bien sec. L’ADEME recommande un taux d’humidité inférieur à 23 %, le moins d’écorce possible et des bûches fendues. Rentrez le bois 48 heures avant de le brûler.
Faites tourner l’appareil à plein régime. Le rendement baisse quand un poêle fonctionne au ralenti. Allumez le feu par le haut, ouvrez toutes les entrées d’air à l’allumage et au rechargement, puis réduisez-les une fois le feu bien pris, sans jamais les fermer entièrement, y compris la nuit.
Faites ramoner le conduit une fois par an, et deux fois, dont une pendant la saison de chauffe, si l’appareil consomme plus de 10 stères par an.
En chauffage collectif
Vous ne réglez pas la chaudière de l’immeuble, et son entretien revient au propriétaire ou au syndic. Votre marge de manœuvre se trouve chez vous : gardez fermée la porte qui donne sur la cage d’escalier, que l’ADEME conseille même d’isoler, fermez volets et rideaux le soir, ne posez rien devant les radiateurs et aérez brièvement. Si vos radiateurs ont des robinets réglables, baissez-les dans les pièces que vous n’occupez pas.
Pour tous les types de chauffage
Quelle que soit votre installation, ces gestes s’attaquent à ce qui pousse à monter le thermostat : l’air froid qui entre, la chaleur qui reste bloquée et l’humidité.
- Fermez volets et rideaux chaque soir. Des rideaux épais devant les fenêtres freinent l’entrée de l’air froid ; veillez seulement à ne pas couvrir les radiateurs.
- Dégagez les radiateurs. Un meuble, du linge ou un rideau placé devant bloque la diffusion de la chaleur.
- Bouchez les courants d’air. Bas de porte sur la porte d’entrée et celles du cellier ou du sous-sol, joints neufs sur les fenêtres et les portes qui fuient, portes des pièces non chauffées fermées, trappe du conduit de cheminée fermée quand vous ne vous en servez pas. Ne bloquez pas pour autant le passage de l’air entre les pièces chauffées : la ventilation en a besoin.
- Aérez court, mais tous les jours. Cinq minutes le matin et cinq minutes le soir, radiateurs éteints. Un logement humide paraît plus froid ; l’humidité idéale se situe entre 40 et 60 %.
- Faites entretenir votre installation. Sauter l’entretien est une fausse économie : une chaudière mal entretenue consomme plus et peut dégager du monoxyde de carbone, un gaz incolore et inodore mortel à forte concentration, et une pompe à chaleur mal réglée peut consommer deux fois plus pour la même chaleur.
Pourquoi ces gestes comptent autant ? Avec un thermostat réglé sur 19 °C, des parois froides, un air humide ou des courants d’air peuvent donner une sensation de 16,5 °C, d’après l’ADEME. Chaque degré que ces gestes vous évitent d’ajouter au thermostat représente environ 7 % de chauffage en moins.
Programmer son chauffage et choisir un thermostat
Un thermostat programmable applique les repères de température à votre place, selon vos horaires et les jours de la semaine. Il peut réduire la consommation d’énergie jusqu’à 15 % par an, selon le ministère de la Transition écologique ; c’est un maximum, qui dépend du programme que vous lui donnez.
Installez-le dans une pièce de vie, sur un mur intérieur, à 1,50 m du sol, à plus d’un mètre d’une fenêtre ou d’un radiateur, et dans une pièce sans chauffage d’appoint. Près d’une fenêtre ensoleillée ou d’une source de chaleur, il fausserait sa mesure.
Le bon modèle dépend de votre installation : chaudière, pompe à chaleur ou radiateurs électriques. Notre comparatif des thermostats connectés détaille la compatibilité de chaque modèle.
Ce que ces gestes ne règlent pas
Ces gestes réduisent la consommation sans travaux, mais ils ne compensent ni un logement mal isolé ni une installation ancienne ou mal dimensionnée. Pour l’ADEME, l’isolation reste la priorité pour réduire durablement les besoins de chauffage ; un système plus performant vient ensuite. Les économies obtenues dépendent aussi du logement, de son exposition et de vos habitudes.
Avant d’engager des travaux, un conseiller France Rénov’ vous accompagne gratuitement et vous indique les aides auxquelles vous pouvez prétendre.
Questions fréquentes
Le thermostat programmable va-t-il devenir obligatoire ?
Oui. Le décret n° 2023-444 le rend obligatoire dans tous les logements à partir du 1er janvier 2027, précise l’ADEME. Des exceptions sont prévues : logement chauffé uniquement par un poêle à bûches, ou installation impossible techniquement ou économiquement, par exemple si le temps de retour sur investissement dépasse 10 ans.
Faut-il faire ramoner une chaudière au gaz ou au fioul ?
Oui, au moins une fois par an, si elle est raccordée à un conduit de fumée. Pour une chaudière dite « étanche », à ventouse, le ramonage n’est pas obligatoire, mais l’entretien annuel doit vérifier l’étanchéité du conduit, indique l’ADEME.
Une cheminée ouverte permet-elle de se chauffer ?
Mal. Dans une cheminée ouverte, 90 % de l’énergie du bois est perdue, selon l’ADEME. Pour une même quantité de chaleur, un poêle à bûches récent consomme 8 fois moins de bois, et un poêle à granulés récent 9 fois moins.
Sources et références
- ADEME — Les bons gestes pour un chauffage plus économique (12 décembre 2025) : agirpourlatransition.ademe.fr
- ADEME — Comment installer un thermostat programmable ? (12 décembre 2025) : agirpourlatransition.ademe.fr
- ADEME — Quand faire l’entretien de sa chaudière ou de sa PAC ? (12 décembre 2025) : agirpourlatransition.ademe.fr
- ADEME — Se chauffer au bois : les bons gestes pour moins consommer et moins polluer (12 décembre 2025) : agirpourlatransition.ademe.fr
- Ministère de la Transition écologique — Économies d’énergie : le vrai du faux pour avoir les bons réflexes : ecologie.gouv.fr
- Ministère de la Transition écologique — Chauffage dans les bâtiments : ecologie.gouv.fr
- Ministère de la Transition écologique — Les gestes les plus efficaces au quotidien : ecologie.gouv.fr
- France Rénov’ — Service public de la rénovation de l’habitat : france-renov.gouv.fr